Le soir de Montmirail, les troupes françaises sont trop
épuisées pour poursuivre l’ennemi en retraite. Les
feux s’allument sur le champ de bataille.
L’Empereur couchera aux Grenaux, lieu d’âpres
combats pendant la journée. Les deux divisions de jeunes
gardes ont rejoint Montmirail, celle du général Meunier
viendra bivouaquer avec la division Michel. À la suite de
la blessure de son général, cette division est confiée au
général Christiani.
Le matin du 12 février, des nouvelles arrivent des autres
corps de l’armée française. Le maréchal Marmont
annonce qu’il est toujours à Étoges, d’où il
tâche de reconnaître les positions et effectifs du maréchal
Blücher. Celui-ci ne semble pas vouloir se replier tel que
le prévoyait l’Empereur. Sur la Seine, le maréchal
Oudinot informe que l’ennemi a pris Sens et que le
général Allix s’est retiré à Pont-sur-Yonne, mais le
maréchal Victor semble toujours tenir Nogent.
Quant au maréchal Macdonald, la destruction du pont de
Trilport l’empêche de se joindre à l’Empereur à
Montmirail. Alité, il a remis le commandement de son petit
corps au général Sébastiani qui n’ira pas plus loin
que La Ferté-sous-Jouarre.
La poursuite française s’organise lentement. Les
divisions Curial [1] et Ricard demeurent à Montmirail. Une
colonne est formée et mise sous les ordres de Ney et
Mortier. Elle se compose des divisions Christiani [2] et
Meunier[3] auxquelles s’ajoutent les divisions de
cavalerie Laferrière-Lévesque et Defrance. Cette colonne
prendra la route directe vers Château-Thierry par
Fontenelles.
La seconde colonne accompagnera l’Empereur à
Viels-Maison. Les Russes n’y étant plus, il y laisse
une partie de la division Friant, en attente de
l’arrivée imminente de la cavalerie du général
Saint-Germain. Il bifurque vers le nord par Mont-Cel-Enger
à la tête des divisions Colbert, Guyot et des Grenadiers de
la division Friant.
Le général Yorck a passé la nuit entre Fontenelle et
Viffort. La cavalerie prussienne est demeurée à la hauteur
de Viffort une bonne partie de la nuit, couvrant la
retraite de l’infanterie. Les débris du corps russe
de Sacken, après avoir marché toute la nuit, y arrivèrent
au petit matin le 12, passèrent à travers la ligne
prussienne afin de traverser la Marne à
Château-Thierry.
Notes
[1] Le général Curial remplace de général Decouz, blessé à
la bataille de Brienne le 29 janvier, à la tête de la 2e
division de voltigeurs (Jeune Garde). Voir la lettre de
Curial écrite à Montmirail le 11 février,
note 1.
[2] Le général Christiani remplace le général Michel,
blessé la veille, à la tête de la 2e division
d’infanterie de la Garde (Vieille Garde).
[3] 1re division de voltigeurs (Jeunes Garde).
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