La bataille de Château-Thierry - 12 février 1814

Le soir de Montmirail, les troupes françaises sont trop épuisées pour poursuivre l’ennemi en retraite. Les feux s’allument sur le champ de bataille. L’Empereur couchera aux Grenaux, lieu d’âpres combats pendant la journée. Les deux divisions de jeunes gardes ont rejoint Montmirail, celle du général Meunier viendra bivouaquer avec la division Michel. À la suite de la blessure de son général, cette division est confiée au général Christiani.

Le matin du 12 février, des nouvelles arrivent des autres corps de l’armée française. Le maréchal Marmont annonce qu’il est toujours à Étoges, d’où il tâche de reconnaître les positions et effectifs du maréchal Blücher. Celui-ci ne semble pas vouloir se replier tel que le prévoyait l’Empereur. Sur la Seine, le maréchal Oudinot informe que l’ennemi a pris Sens et que le général Allix s’est retiré à Pont-sur-Yonne, mais le maréchal Victor semble toujours tenir Nogent.

Quant au maréchal Macdonald, la destruction du pont de Trilport l’empêche de se joindre à l’Empereur à Montmirail. Alité, il a remis le commandement de son petit corps au général Sébastiani qui n’ira pas plus loin que La Ferté-sous-Jouarre.

La poursuite française s’organise lentement. Les divisions Curial [1] et Ricard demeurent à Montmirail. Une colonne est formée et mise sous les ordres de Ney et Mortier. Elle se compose des divisions Christiani [2] et Meunier[3] auxquelles s’ajoutent les divisions de cavalerie Laferrière-Lévesque et Defrance. Cette colonne prendra la route directe vers Château-Thierry par Fontenelles.

La seconde colonne accompagnera l’Empereur à Viels-Maison. Les Russes n’y étant plus, il y laisse une partie de la division Friant, en attente de l’arrivée imminente de la cavalerie du général Saint-Germain. Il bifurque vers le nord par Mont-Cel-Enger à la tête des divisions Colbert, Guyot et des Grenadiers de la division Friant.

Le général Yorck a passé la nuit entre Fontenelle et Viffort. La cavalerie prussienne est demeurée à la hauteur de Viffort une bonne partie de la nuit, couvrant la retraite de l’infanterie. Les débris du corps russe de Sacken, après avoir marché toute la nuit, y arrivèrent au petit matin le 12, passèrent à travers la ligne prussienne afin de traverser la Marne à Château-Thierry.


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Notes

[1] Le général Curial remplace de général Decouz, blessé à la bataille de Brienne le 29 janvier, à la tête de la 2e division de voltigeurs (Jeune Garde). Voir la lettre de Curial écrite à Montmirail le 11 février,
note 1.
[2] Le général Christiani remplace le général Michel, blessé la veille, à la tête de la 2e division d’infanterie de la Garde (Vieille Garde).
[3] 1re division de voltigeurs (Jeunes Garde).



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